Lundi 5 juillet 2010 à 8:39

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Après deux tomes drôles et uniques en leur genre, c'est avec beaucoup d'excitation que j'ai ouvert le troisième volume des aventures de la famille de détectives privés Spellman. Ma question était cependant la suivante : La revanche des Spellman serait-elle à la hauteur de ses illustres prédécesseurs? 

 
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La détective privée Isabel Spellman est de retour sur le terrain, mais aussi sur le divan pour une thérapie sous contrôle judiciaire. Entre séances de psy et enquête difficile, elle doit aussi faire face aux « comportements suspects » des membres de sa famille : son frère David, qui revient blessé de ses prétendues vacances en Italie, ses parents qui manigancent leur retraite... Sans parler de sa voiture, qui semble se déplacer comme par magie pendant la nuit ! Pour corser le tout, Izzy est victime d'un maître chanteur, ce qui la pousse à soupçonner successivement chacun de ses proches.



Sans surprise, j'ai dévoré ce roman, qui s'avère dans l'heureuse lignée de Spellman et Associés et des Spellman se déchaînent. Je ne sais même pas par où commencer mon compte-rendu tant j'aime tout à propos de cet univers ! 


Une chose est sûre : le succès de cette série est lié en grande partie à l'humour dévastateur de Lisa Lutz. Les dialogues sont toujours pleins d'esprit et se teintent quelquefois d'absurde, quant aux situations toutes particulières dans lesquelles se retrouvent les personnages, elles sont le plus souvent à pleurer de rire ! 


En parlant de personnages, ils sont l'autre grande force du roman. Isabel, la narratrice, est une héroïne géniale (oui, je sors les superlatifs!), à la fois excentrique, rebelle, entêtée et fidèle en amitié comme dans ses rapports familiaux. Dans cet opus, nous découvrons également sa sensibilité, ce qui ne la rend que plus attachante encore. 


Autre figure majeure de l'arbre généalogique des Spellman : l'insupportable petite soeur, Rae, dont l'intelligence n'a d'égale que la ruse. En effet, celle qui se targue d'obtenir toujours ce qu'elle désire a de la suite dans les idées et n'hésite pas à employer les grands moyens pour parvenir à ses fins, qu'elles soient égocentriques ou, au contraire, altruistes. 


Ce qui me plaît également dans la série, c'est la construction originale du récit : les chapitres ordinaires sont entrecoupés de retranscriptions d'enregistrements. Dans ce tome-ci, il s'agit des séances de thérapie d'Isabel... et le résultat est tout sauf larmoyant ! De plus, la narratrice utilise abondamment les notes de bas de page pour ses petits commentaires personnels, ce qui n'a pas manqué de me faire sourire à plus d'une reprise !


 


Je termine cette note sur mon impatience de voir les Spellman portés à l'écran : le projet est annoncé pour 2011, et on parle déjà de Zooey Deschanel dans le rôle d'Izzie !  J'ai hâte de découvrir la suite du casting !


 
 

Mercredi 30 juin 2010 à 11:49

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C'est avec un peu de retard que j'écris ce compte-rendu de la suite des aventures des deux Lili et de leur ruée vers l'or. J'espère que mon enthousiasme de lectrice n'en sera pas réduit car ces livres, reçus à Noël dernier, incarnent un immense coup de coeur pour moi !

 

Octobre 1897. La ruée vers l'or se poursuit. Même si elles ont atteint le Grand Nord, les deux Lili ne sont pas au bout de leurs peines. A Skagway, les amours de Rosalie tournent au désastre lorsqu'elle découvre le secret de son amant. C'est donc la rage au cour qu'elle affronte ensuite le célèbre bandit Soapy Smith, avant d'entreprendre seule, en pleine tempête de neige, la traversée des montagnes Rocheuses. Pendant ce temps, à Dawson, Liliane a trouvé une manière aussi astucieuse qu'inattendue de s'enrichir sans même s'approcher d'une mine. Cette nouvelle fortune se révèle toutefois insuffisante lorsque la famine annoncée s'abat sur le Klondike. Or l'hiver est long et froid au Klondike et, en octobre, il ne fait que commencer.


A l'issue du premier tome, nous avions laissé Liliane pleine de projets à Dawson City et Rosalie loin derrière elle, retenue par un stratagème de son amant, Dennis-James. Les rebondissements avaient été nombreux, c'est pourquoi j'ai vraiment apprécié de découvrir un bref récapitulatif des évènements au début de ce second ouvrage. Voilà qui est suffisamment rare pour être mentionné !


Vous avez peut-être remarqué que j'ai lu cette suite en à peine deux ou trois jours, ce n'était pourtant pas faute d'autres activités à ma disposition, mais j'ai été une fois de plus captivée ! La réussite de ces livres tient dans la combinaison parfaite d'héroïnes attachantes, de péripéties nombreuses et d'un univers particulier et dépaysant. 


Au fil des pages, nous découvrons les personnalités bien affirmées de Liliane et de Rosalie. Bien que toutes deux courageuses, indépendantes et sensibles, elles présentent par ailleurs des caractères différenciés qui les rendent complémentaires. Pleines d'initiatives et jamais à court de solutions astucieuses, elles sont de vraies aventurières et ne reculent devant rien.


Car, en effet, les embûches ne sont pas rares : il y a d'abord la route jusqu'au Klondike, interminable et dangereuse, mais également les inconvénients de l'isolement, comme la famine et le manque de confort, sans parler des périls qui entourent les femmes seules dans ce paysage laborieux et masculin. Et si vous comptez, en plus, les tourments sentimentaux, le tableau n'en est que plus chargé encore !


Mais ce que j'apprécie surtout dans ces romans, c'est la description de cet univers à part, où le mode de vie est dicté par le climat difficile et où règnent, bien avant les forces de l'ordre, la loi du plus fort et celle de l'offre et de la demande.



En conclusion, si vous vous intéressez à l'Amérique du XIXe siècle, à la ruée vers l'or, si vous appréciez les héroïnes qui forcent l'admiration et que vous êtes à la recherche d'un passionnant récit d'aventure, je vous recommande mille fois la série Lili Klondike !



 

Vendredi 25 juin 2010 à 9:07

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La séance
est le troisième roman que j'ai l'honneur de lire grâce à Blog-o-Book... Et c'est également le premier partenariat qui résulte d'un authentique coup de foudre !

 

En effet, je ne vois aucune autre expression capable de traduire ce que j'ai ressenti en découvrant cette couverture absolument divine et, surtout, ce résumé particulièrement captivant... 


Dès lors, quand j'ai retrouvé mon pseudonyme dans la liste des attributions, j'ai littéralement bondi de joie... Mais est-ce que La séance a été à la hauteur de mes attentes, il faut bien le dire, démesurées ? 


Angleterre, fin de l’ère victorienne. Constance Langton reçoit la visite d’un avocat, John Montague. Celui-ci lui annonce qu’elle vient d’hériter d’un manoir de famille dans le Suffolk, Wraxford Hall, et lui conseille de vendre la propriété sans perdre une seconde. Wraxford Hall jouit en effet d’une sinistre réputation : ses précédents propriétaires y sont morts dans d’étranges circonstances et une jeune femme, Eleanor Unwin, y a mystérieusement disparu avec sa fille. Quels terribles secrets renferment Wraxfod Hall ? Au fil du journal intime d’Eleanor et des recherches de Constance, deux femmes dont le désir d’indépendance dénote en pleine époque victorienne, se lèvent peu à peu les mystères qui entourent l’étrange demeure. Pièges machiavéliques et coups de théâtre en cascade, terreurs intimes, étranges obsessions et secrètes inconvenances, tout est réuni pour faire de cet hommage très moderne au roman gothique et victorien un chef-d’œuvre du genre.

 

Quitte à me répéter, je débuterai le coeur de ce compte-rendu par le premier point positif que l'on découvre en abordant cette lecture : le graphisme raffiné, superbe, qui nous immerge instantanément dans une atmosphère victorienne et gothique. En plus de la couverture, les pages de titre sont également ornées et j'ai apprécié ce souci du détail et cette esthétique réellement soignée. 


Une fois ces premières pages passées, je me suis plongée dans le roman... et je ne parvenais tout simplement plus à le redéposer ! L'atmosphère décrite par l'auteur est obscure et fascinante. On navigue sans cesse entre surnaturel et rationnel, ne sachant jamais de quel côté la balance va pencher, ni même si l'auteur finira ou non par trancher. 

 

 


Les thématiques abordées m'ont particulièrement interpellée, d'autant qu'elles m'intriguent et me passionnent depuis fort longtemps : les sociétés spirites, avant tout, mais également l'alchimie, l'inspiration et la création artistique, ou encore l'hypnose. La deuxième moitié du XIXe siècle est une période très intéressante à cet égard, les avancées de la science coexistant avec un retour en force de croyances ancestrales, et j'ai trouvé que les composantes de cet univers étaient extrêmement bien retranscrites par John Harwood. 


Enfin, une dernière qualité de ce roman est sans conteste sa construction : l'organisation en cinq parties distinctes, mettant en vedette trois narrateurs différents, offre au lecteur l'opportunité de lever progressivement le voile sur les mystères du manoir Wraxford. Les éléments de réponse sont habilement intégrés, ce qui n'empêche pas les dernières pages d'être haletantes et riches en surprises !



En conclusion, je recommande très vivement La séance aux amateurs ...

- de romans gothiques contemporains
- de l'atmosphère du XIXe siècle et de l'Angleterre victorienne
- d'histoires captivantes, comme Le treizième conte de Diane Setterfield



Mille mercis à Blog-o-Book et aux éditions Le Cherche-Midi
pour ce roman riche et fascinant !

Dimanche 20 juin 2010 à 9:21

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Le début de la fin est le cinquième tome des aventures de Thursday Next, la détective littéraire créée par le génialissime Jasper Fforde. Rédiger ce compte-rendu de lecture est un exercice particulièrement difficile : comment faire part de mes impressions, comment donner envie de découvrir cet univers sans trop en dire ? Afin d'éviter les insupportables spoilers, je choisis donc de rester dans les grandes, grandes lignes de l'histoire... aussi frustrant que cela puisse paraître pour la lectrice passionnée que je suis !


Si je devais résumer les qualités de cette série de romans, je citerais l'originalité, la cohérence, l'humour, et l'intelligence. En ce qui concerne l'aspect original de ces livres, la lecture de la quatrième de couverture du premier volume en dit déjà beaucoup :


Dans le monde de Thursday Next, la littérature fait quasiment office de religion. A tel point qu'une brigade spéciale a dû être créée pour s'occuper d'affaires aussi essentielles que traquer les plagiats, découvrir la paternité des pièces de Shakespeare ou arrêter les revendeurs de faux manuscrits. Mais quand on a un père capable de traverser le temps et un oncle à l'origine des plus folles inventions, on a parfois envie d'un peu plus d'aventure. Alors, lorsque Jane Eyre, l'héroïne du livre fétiche de Thursday, est kidnappée par Achéron Hadès, incarnation du mal en personne, la jeune détective décide de prendre les choses en main et de tout tenter pour sauver le roman de Charlotte Brontë d'une fin certaine...


Un livre qui parle des livres, mais d'une façon tellement nouvelle ! Jasper Fforde joue sur tous les codes de la littérature et de l'édition, nous fait découvrir un envers du décor surprenant, bref, il dépoussière les classiques qu'il semble bel et bien connaître sur le bout des doigts. La difficulté de cette lecture réside peut-être dans ce dernier point : si, comme moi, vous ne saisissez pas toutes les références, vous éprouverez peut-être quelque difficulté à en faire abstraction durant les premières pages... Mais une fois que l'on s'aperçoit que ces clins d'oeil érudits ne sont pas indispensables à la compréhension de l'intrigue, on parvient à les décoder plus rapidement. Et ces brefs instants de perplexité finissent par nous donner envie de découvrir ces romans que l'on ne connaît souvent que de nom !

 


Pour ce qui est de la cohérence, elle s'avère bien nécessaire au sein de cet univers complètement barré, archi-complexe, où même le temps n'est pas un repère stable. Maintenir tout cela en place, sans contresens, sans oubli, sur près de 2500 pages (en comptant, rassurez-vous, les cinq volets que compte actuellement la saga) force le respect et permet au lecteur d'être véritablement plongé dans la narration. Franchement, je me dis qu'il faut être sacrément doué pour réussir un tel défi ! 


Et ce qui fait, justement, le génie de l'auteur, c'est de réussir à nous planter un tel décor sans tomber dans un récit de science-fiction obscur et incompréhensible : bien au contraire, le ton est léger et surtout, franchement drôle. La pire des catastrophes possède toujours une dimension comique ou ironique, et nous pouvons faire confiance à Thursday pour sauver sa peau, les livres, voire la planète entière de toutes les situations apocalyptiques auxquelles elle se retrouve confrontée.


Car l'intelligence de Jasper Fforde s'étend également à la création de personnage complètement hors-normes, mais tous héroïques à leur manière. Mes préférés sont sans doute Landen, le grand amour de l'héroïne, écrivain unijambiste plein d'esprit,  Mycroft, son oncle inventeur de génie, ou encore l'hilarante Pickwick, dodo de compagnie sans ailes mais avec beaucoup de caractère !

 


Pour toutes ces raisons (et tant d'autres), cette série est pour moi un must-read absolu ! Les cinq tomes sont sortis en Poche, alors vous ne risquez pas grand chose en vous offrant le premier volume (vous l'avez bien mérité)... Cependant, soyez prévenus : les probabilités sont fortes pour que vous vous retrouviez irrésistiblement captivé au point de ne plus vouloir quitter Swindon et le monde des livres !

 

Dimanche 13 juin 2010 à 15:34

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J'avoue, je suis une victime du marketing : si j'ai acheté En des lieux désolés, c'est à cause de son adorable couverture et de son résumé plus qu'alléchant. L'intrigue policière au sein d'une petite ville me faisait penser aux romans d'Agatha Christie, et j'avais hâte de me plonger dans l'univers qui m'était promis... Mais est-ce que le contenu fut à la hauteur du packaging ? A voir!

 

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Pour un mannequin en quête de célébrité, figurer en page trois du Sun
 peut faire office de tremplin pour la gloire. N'est-ce pas sur cette
célèbre planche que s'étale leur vérité... toute nue ?

Mais les stars le savent bien, le vedettariat n'entraîne pas que des
avantages. Gail Latimer, faisant fi des conseils de prudence de ses
proches, a exposé ses charmes aux yeux de tous.

C'est hélas à la seule vue du médecin légiste qu'elle dévoile
son cou marbré de bleu.

L'admirateur qui l'attendait dans le sous-bois près de son domicile a
également étranglé deux autres jeunes femmes dont le plus grave
défaut était sans doute une beauté... sans défauts.

 



En des lieux désolés me laisse une impression quelque peu mitigée. Ce roman présente des qualités évidentes qui en font une lecture agréable, mais je n'ai pas éprouvé le coup de coeur attendu. 


Ce que j'ai apprécié, c'est la cohérence de l'enquête : je n'ai deviné le coupable qu'à la dernière minute, alors que plusieurs éléments de réponses étaient habilement disitillés au gré des chapitres. Les personnages principaux comme Morrissey, le perfectionniste à l'intuition inimitable, Barrett, le séducteur malchanceux ainsi que le sensible Icks, sont intéressants mais mériteraient un développement plus fouillé. Comme il s'agit d'une série de romans, je pense que cet approfondissement pourrait se voir concrétisé au fil des tomes.  


Le style de l'auteur ne m'a pas paru hors du commun, je serais d'ailleurs incapable de lui attribuer des qualificatifs précis... J'ai même été déçue, car la lecture de la quatrième de couverture annonçait un ton vif et ironique que je n'ai pas retrouvé une fois le roman ouvert ! Ceci dit, l'écriture était fluide et ma lecture fut tout sauf laborieuse, puisque j'ai terminé En des lieux désolés en à peine quelques heures. 

 

 

Ma dernière remarque concerne la ressemblance avec l'oeuvre d'Agatha Christie : hormis l'enquête policière au sein d'un monde clos, la comparaison ne s'est pas vérifiée. Ce que j'apprécie chez Christie, c'est cette évocation sans pareil d'une atmosphère à part, d'un milieu précis, d'une époque bien particulière. Pour moi, c'est malheureusement ce qui manque au livre de Kay Mitchell. Si j'ai bel et bien accroché à l'évolution de l'investigation policière, j'ai regretté de ne pas avoir été embarquée dans un univers mieux défini.



En conclusion, j'ai aimé cette lecture divertissante et bien construite, et je me plongerai sans nul doute l'autre volume des aventures de Morissey qui m'attend déjà sur mon étagère. Je n'en espèrerai plus un Agatha Christie bis, mais j'en attendrai avant tout une découverte plus avancée de la personnalité des personnages récurrents. 

 
 

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